31 mai 2018 0 Commentaire

30/05/2018 : Secteur bancaire en crise

La crise politique italienne commence à avoir de sérieuses conséquences sur les marchés financiers, et en particulier sur le secteur bancaire européen. Dans ce contexte, nous nous sommes posés deux questions : 1) quels niveaux de valorisation pourraient faire office de support pour les banques européennes (au regard des précédents épisodes de stress) ? et 2) quelles seraient les banques les plus touchées en cas de prolongement ou aggravation de la crise ? Plusieurs réponses à la 1ère question sont possibles au regard du critère de valorisation choisi et du référentiel temporel (crise financière de 2008-09 ou crise des dettes souveraines en zone euro en 2012/13). Nous identifions un potentiel de baisse supplémentaire d’environ 25% si l’on choisit le ratio P/BV (capitalisation boursière/valeur des capitaux propres comptables) puisqu’un plancher à 0.55x a constitué par le passé un support pour le secteur bancaire européen (qui affiche aujourd’hui un ratio de 0.75x). Si l’on choisit les modèles utilisés par notre équipe d’analystes quantitatifs pour déterminer le coût des capitaux propres des banques, nous identifions un potentiel de baisse compris entre 15% (situation similaire au Brexit) et 33% (situation de stress majeure). Concernant la 2ème question, les obligations d’Etat italiennes constituent la principale source de contagion du risque au sein du secteur. Evidemment, les banques italiennes sont, dans leur globalité, les plus exposées aux obligations souveraines italiennes. Pour cette raison, Intesa Sanpaolo (ISP) qui détient 96% de ses actifs en Italie et y réalise 90% de ses revenus est fortement exposée. Trois conséquences négatives pourraient découler de tensions prolongées sur les marchés de taux italiens et d’une baisse des marchés actions : 1) une chute de la collecte et des encours sous gestion dans les divisions de gestion d’actifs et de fortune des banques italiennes aboutissant à une baisse des commissions, 2) une hausse du coût de la dette (le rendement des obligations souveraines italiennes à 10 ans a progressé d’environ 120pb depuis mi-mai, poussant l’écart de rendement entre les obligations italiennes et allemandes à 10 ans jusqu’à 300 pb hier) et 3) une hausse des coûts pour financer les transactions de prêts non performants. Ensuite, les banques espagnoles (surtout Sadabell et Liberbank), les petites banques allemandes (Deutsche Pfandbriefbank et Aareal) et Crédit Agricole S.A. sont les banques les plus exposées aux obligations gouvernementales italiennes (en pourcentage de leurs capitaux propres). Cependant, les 2 banques françaises les plus exposées à l’Italie (15% des revenus totaux de Crédit Agricole S.A. et 12% pour BNP Paribas) ont entrepris ces dernières années des actions de nature à rassurer les investisseurs. BNP Paribas a par exemple réduit drastiquement son exposition aux PME italiennes tandis que Crédit Agricole S.A. a adopté une exposition géographique tournée vers le nord de l’Italie (en moyenne plus riche que le reste du pays) et une base de clients essentiellement composée de clients fortunés.

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